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1 - L'époque espagnole (XVIe
siècle à 1821)
Au XVIe siècle,
les conquistadors espagnols explorent les régions situées au nord de
la Nouvelle-Espagne et les colonisent à partir du XVIIe siècle.
Lors des expéditions d'exploration du sud-ouest américain appelé
alors Nouveau-Mexique, notamment lors de l’expédition de Francoscp de
Coronado en 1540[1], des bovins s'échappent et retournent à
la vie sauvage. Des chevaux espagnols retournent aussi à la liberté :
ce sont les mustangs. Lorsque les Espagnols s'installent au
Nouveau-Mexique, au Texas puis en Californie, ils introduisent l'élevage
d'animaux jusqu'ici inconnus des Améridiens (moutons, bœufs, chevaux).
Les missions franciscaines espagnoles pratiquent un élevage extensif,
avec l'aide des Amérindiens.

Longhorn
Les
grands propriétaires mettent les troupeaux de bovins sous la surveillance de vaqueros,
des ouvriers agricoles montés sur des chevaux. Ils rassemblent les bêtes au
cours du rodear et portent un costume adapté à leur activité : un
sombrero pour les protéger du soleil, un bandana pour ne pas respirer la poussière,
des jambières et des éperons pour monter à cheval et un lasso afin de
capturer les animaux.
2 - La période mexicaine (1821-1848)
Avec la fin de la domination espagnole et le départ
des propriétaires des ranchos, les troupeaux se sont retrouvés à l’état
sauvage : un cheptel disponible existe donc alors à l’Ouest. En 1820,
lorsqu’arrivent les premiers colons, la région du Texas actuel compte près
de 3,5 millions d'animaux disponibles, les longhorns, surtout situés au Sud où
les pâturages sont nombreux et parfois permanents.

Un cow-boy (1887)
En
1832, le Mexique ordonne la dissolution des missions et le partage de leurs
terres, qui vont plus souvent aux colons qu'aux Amérindiens. La vente de ces
vastes territoires, appelés ranchos, qui étaient jusqu'alors inhabités,
intéresse de nouveaux colons. Ces possessions sont surtout utilisées pour l'élevage
du bétail par les rancheros, leurs dirigeants, qui sont aidés par les
convertis amérindiens des missions. Une élite se forme parmi ces rancheros
et prend rapidement de l'importance au sein de la province mexicaine.
Des
Américains essaient une première fois de tirer profit de ces animaux, mais
pour cela il faut des hommes capables de gérer le bétail : si on les
appelle encore les vaqueros, le nom anglais cow-boy,
apparu sur la côte atlantique du pays à la fin du XVIIIe siècle[2], se
diffuse peu à peu en Amérique du Nord. Ils commencent à mener les bêtes à
destination des centres de consommation du Missouri ou de la Nouvelle-Orléans.
Avec l'indépendance du Texas en 1836, les rancheros deviennent ranchs ;
il faut trouver des débouchés à cette viande : on ouvre de nouvelles
pistes, qui conduisent les animaux jusqu'au port de la Nouvelle-Orléans en
Louisiane. Cependant, les troupeaux transmettent une maladie très grave et
contagieuse,
la Texas Fever
(Fièvre du Texas) qui contamine en
1852-1853 le bétail des fermiers. Dès lors, ces derniers font tout pour
s’opposer au passage des troupeaux sur leurs terres, souvent fusil à la main.
3
- Le cow-boy et la conquête de l'Ouest (1848-1890)
La période qui s'écoule de
la défaite mexicaine à la fermeture de
la Frontière
marque l'apogée du mode de vie des cow-boys. Lors de la ruée vers l'or, de
nombreux hommes arrivent en Californie puis dans tout l'Ouest américain. Cet
afflux provoque un accroissement de la demande en viande, mais après une
tentative réussie de mener les bêtes à Denver, la guerre de Sécession
(1861-1865) emporte l’élevage dans la tourmente.

Prairie dans le Kansas
Alors
que les cow-boys texans, puis les rancheros sont mobilisés, la terrible
sècheresse de 1862-1863 décime les troupeaux livrés à eux-mêmes. Au départ,
l’armée sudiste se nourrit de ce bétail, mais le blocus du Mississippi à
l’automne 1863 coupe le dernier débouché des éleveurs qui doivent brader
leurs bêtes au Mexique contre le ravitaillement. À la fin de la guerre, le
Texas est ruiné, mais bien vite le troupeau se reconstitue : en 1865-1866,
5 millions de bêtes sont à nouveau disponibles.
Au
début des années 1860, l’immigration croissante et l’urbanisation des États-Unis
conduisent au développement du marché de la viande bovine, surtout sur la côte
Est. De plus, les habitudes alimentaires changent, et la consommation de bœuf
remplace peu à peu celle de porc, considéré comme un plat de pauvres. Les médecins
de l'époque encouragent la population à manger du bœuf. Enfin, il faut
pouvoir nourrir les soldats et les Amérindiens de l'Ouest. Le bétail de
l’Est ne suffit plus à approvisionner les grands centres où la viande
pourrait trouver des débouchés, et les grands abattoirs de l’Est (Cincinnati,
Chicago) ont besoin de matières premières. Or le Texas peut répondre à cette
demande : seulement, l’acheminement des bêtes reste problématique. Des
tentatives ont été menées dans les années 50 vers Chicago, Saint-Louis et même
New-York, mais les résultats furent décevants. Dans le cas de l'une d’elles,
vers
la Californie
, les animaux n’arrivèrent d’ailleurs jamais à destination.
Un marchand de bestiaux de
l’Illinois du nom de Joseph Mc Coy, s’en rend compte et cherche un point d'échanges
entre les éleveurs et les acheteurs que l’on puisse joindre sans trop de
dangers : il choisit Abilene dans le Kansas, terminus ferroviaire de la Kansas
Pacific Railroad.

Cow-boys aujourd'hui
Il
passe un contrat avec la compagnie, puis il développe alors autour de la ville
toutes les infrastructures nécessaires à la vente et à l’embarquement des bêtes
à bord du train qui les conduira vers l’Est : en 1867, les premiers
wagons chargés de bœufs partent pour Chicago. Cependant, il reste à amener
les bêtes de leur point d’origine jusqu’à cette gare, soit un parcours de
près de
1000 kilomètres
vers le Nord : c’est là le début de l’aventure qui a rendu célèbres
les cow-boys, la grande transhumance.
[1] Pierre Lagayette, L’Ouest américain :
réalités et mythes, p. 88
[2] Philippe
Jacquin, Daniel Royot, Go West ! [...],
p.150
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