Western Swing

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C’est dans les années 1930 qu’est né le Western Swing au Texas.  Un État alors relativement peu peuplé.  Mais le pétrole change tout cela et attire de nombreuses personnes dans ces lieux semi-désertiques, alors ouverts à toutes sortes de musiques, mais surtout influencés par le jazz de la Nouvelle-Orléans et la musique mexicaine. Il y avait bien le chant cow-boy et la tradition anglo-irlandaise, mais ils ne s’imposaient pas vraiment.  Le Texas, de par son exploitation pétrolière, se peuple rapidement jusqu’à la fin des années 1920.  Les nouveaux habitants apportent avec eux la tradition de leur région, notamment celle des orchestres à cordes des Appalaches, mais aussi les réunions communautaires du samedi soir.  Les Texans ont du mal à accepter la morale des gens venus des Appalaches, ainsi que les danses où l’on ne se touche pas vraiment.  Ces réunions du samedi soir connaissent un très grand succès, de sorte que les salles devenues trop petites, s’agrandissent au point tel que l’on n’entend bientôt quasiment plus les orchestres jouer. Les orchestres eux aussi s’agrandissent rapidement, y ajoutant des cuivres comme à la Nouvelle-Orléans, une section rythmique basse, batterie, et ensuite des instruments électriques empruntés au blues et au jazz.

La musique texane des années 1930 sert surtout à distraire et à faire danser, souvent sur des paroles absurdes et des jeux de mots douteux.  Cette musique dégage par-dessus tout un swing irrésistible, d’où le nom qu’on lui a progressivement attribué.  De nombreux artistes de Western Swing ont également joué dans des westerns cinématographiques. Cependant le Western Swing a ouvert la voie à tous les autres genres de la Musique Country, dans laquelle on a introduit l’improvisation instrumentale.  Il existe deux phénomènes musicaux particuliers qu’il ne faut pas négliger. Il s’agit tout d’abord de la musique cajun, qui se caractérise par une prédominance du folklore français imbibé de blues noir et de violon appalachien.  À côté du traditionnel violon,  l’instrument privilégié de la musique cajun, il y a l’accordéon apporté par les Allemands au cours du XIXème siècle.  La musique cajun va incorporer à ses composantes d’autres éléments comme le Western Swing et le Rythm and blues noir des années 40. Le second phénomène qui est très particulier est celui de Woody Guthrie. Compositeur de textes très littéraires chaleureux et généreux, il s’exprime dans la plus pure tradition country.  Son style de guitare est inspiré de Maybelle Carter de la Famille Carter. Très fidèle à sa personnalité, Woody Guthrie, restera en marge de ce courant.  

L’un des pères fondateurs de ce style n’est nul autre que le célèbre violoniste Bob Wills, grand ami du père de Lee Roy Parnell.  Il y eu aussi Milton Brown, Bill Boyd, Spade Cooley.  Cependant, l’après-guerre sonne le déclin du Western Swing, avec entre autres l’arrivée des juke-boxes, plus rentables que les grands orchestres de Western Swing qui s’éteignent doucement dans les années 1950.

Les bouleversements de l’après-guerre, les doutes, les interrogations, l’existence du sud rural prolétaire, l’incorporation massive des jeunes dans l’armée vont influencer grandement la Musique Country.  L’innocence et la naïveté des thèmes des années 1930 laissent place progressivement à la nostalgie et à l’amertume. C’est ce qu’explique dans sa chanson Ted Daffan avec Born To Lose qui devient un succès auprès des travailleurs sudistes. Ce morceau a été superbement repris par LeAnn Rimes.

Dès lors, des sujets tabous, autrefois interdits dans la Musique Country y font leur apparition : le divorce, l’alcool, l’infidélité, le tabac, la vie dissolue… La morale d’hier est encore trop proche pour ne pas laisser de traces, cette nouvelle vie est vécue comme une trahison, une débauche.  C’est ainsi que peu à peu, cette musique amère, désabusée et pessimiste devient prédominante dans le country.  Le lieu central d’action de ces chansons sont les bars miteux, les Honky Tonk.

Après l’après-guerre, les grandes maisons de disques ont du mal à trouver les goûts musicaux de l’auditoire. C’est dans ce flou artistique, alors que les coûts de production et de fabrication de disques diminuent que les labels indépendants voient le jour.  Ils essaient  dès lors d’occuper des créneaux peu exploités par les majors.  Ces musiques sont souvent le résultat du brassage de populations minoritaires, c’est ainsi que de nouvelles compagnies indépendantes vont donner le jour au Honky Tonk

Texte de Bernard Pednault
Source : www.countrydansemag.com.