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Lorsque
les immigrants anglais et irlandais s’installent dans le massif des
Appalaches, ils doivent affronter des conditions de vie rudes et misérables.
Le dimanche, on se retrouve à l’église pour prier, chanter des cantiques et
des airs traditionnels celtiques. Dans leurs montagnes, ces trappeurs, bûcherons,
fermiers ne sont guère touchés par l’autre musique américaine, issue du
classique mais aussi de la variété de cabaret. En quittant l’Europe,
l’anglais avait apporté avec lui dans son bagage, son violon, c’est cela
que découvrira l’explorateur Cecil J. Sharp en 1916 : une tradition
intacte et quasi inaltérée. Il collecte environ 1700 ballades anglaises,
écossaises et irlandaises, qu’il annote et qui constitueront une
documentation remarquable sur les début de la Musique Country. Il découvre
aux côtés de ces ballades inchangées, des paroles qu’il emprunte désormais
à la vie des Appalaches. Stephen Foster s’inspire aussi des thèmes entendus
lors de ses voyages, et compose Oh Susanna. D’autres compositeurs
dont George Cooper et James Bland font de même et ont ainsi joué un rôle
important dans la naissance d’un folklore anglo-américain.
Mais
l’Amérique s’industrialise très vite, et vers la fin de 19ème
siècle, l’exploitation du charbon dans les Appalaches
commence. Pour cela, il faut des routes, parfois des voies de chemin de
fer. C’est ainsi que le massif s’ouvre à la civilisation. Si
beaucoup de Blancs arrivent, attirés par l’argent possible à faire, il y a
aussi de nombreux Noirs qui fuient leur condition de vie (esclavage…).
Pour les habitants déjà en place, le choc culturel est énorme, car c’est la
première fois qu‘ils voient des Noirs. Ceux-ci amènent avec eux la
guitare (qu’ils avaient eux-mêmes repris aux vaqueros mexicains). Mais
cet instrument est difficile à fabriquer et coûteux. C’est ainsi
qu’au début du 20ème siècle se développe le banjo, car il a
l’avantage d’être facile à fabriquer et plus aisé à la fusion des
Appalaches. La fin du 19ème et le début du 20ème
siècle voient une nouvelle vague d’immigrants arriver. Ils viennent
d’Europe et amènent avec eux leurs traditions : italiene (mandoline), tchèque
et polonaise (valses, polka…). Parallèlement à tout cela, les îles
Hawaii sont annexées par les États-Unis en 1898, et attirent l’engouement de
Américains pour ce territoire. Là subsiste une guitare introduite par
les Mexicains en 1830, mais dont les Hawaiiens modifient le jeu : à plat sur
les genoux en faisant glisser un tube de métal sur les cordes. Ce sont
les spectacles hawaiiens qui sillonnent les États-Unis depuis l’annexion en
1898, qui font découvrir aux Américains leur musique et cette nouvelle guitare
(nouvelle façon aussi d’en jouer). Leur jeu est virtuose et rempli de
swing, ce qui a pour effet de stupéfier les Américains. C’est en 1915
que les premiers enregistrements de musiciens hawaiiens sur le territoire américain
se feront, et auront pour conséquence de devenir un élément à part entière
de la Musique Country.
Mais
comment se faisait connaître
la Musique Country, et comment évoluait-elle? Une partie de la réponse
se trouve dans les tent shows. Ce sont des théâtres ambulants qui
circulent à travers tout le territoire à la fin du 19ème et au début
du 20ème siècle. Ces tournées de vaudeville constituent
souvent l’unique attraction du village visité, et attirent par conséquent
une foule énorme. Ce sont les chanteurs de vaudevilles qui feront connaître
(en partie) la Musique Country aux endroits les plus reculés, ce qui aura aussi
pour conséquence de démontrer aux habitants des Appalaches qu’ils peuvent
vivre de leur talent musical. C’est sur ce modèle qu’apparaîtront
bientôt les premiers médecine shows, (spectacles ambulants qui ont pour
but de vendre des remèdes douteux…) et qui présentent des artistes locaux.
Peu à peu, certains de ces artistes acquièrent une certaine notoriété qui
leur permet de s’exporter. C’est ainsi que naît une musique commerciale
appelée alors Hillbilly Music baptisée ainsi par Al Hopkins
lorsque descendu de ses Appalaches pour enregistrer, le producteur Ralph Peer
lui demande quel style de musique il joue, il répond : we’re
just a bunch of hillbilly from North Carolina and Virginia. Call it
anything you want. C’est ainsi qu’est né le terme de Hillbilly
Music, signifiant littéralement : musique des péquenots.
Aux
États-Unis, la Musique
Country connut sa première période de popularité à la fin des années 1920,
comme le montre le grand succès d’interprètes, tels que Vernon Dalhart,
Jimmie Rodgers. The Singing Brakeman, première vedette de la
Musique Country qui influença Wilf Carter et, surtout, Hank Snow, la famille
Carter des États-Unis et plusieurs groupes instrumentaux.
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