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En
1870, le gouvernement américain ouvre des terres à de nouveaux émigrants au
Texas, au Nouveau-Mexique, dans l'Arizona et l'Oklahoma. L'élevage en open-range
se déplace alors vers le Nord, dans le Wyoming, le Dakota oriental et le
Montana. Cependant, la cohabitation avec les nouveaux venus est difficile, voire
impossible, ce qui provoque des guerres du bétail (cattle wars). Les
fermiers se regroupent en syndicats dès 1874 et clôturent leurs exploitations
avec du fil de fer barbelé inventé un an plus tôt. Malgré l’embauche
d’hommes de main pour couper ces clôtures, les barbelés ne cessent de gagner
du terrain. En effet, c’est un moyen peu coûteux d'empêcher les troupeaux de
passer ; sa production passe de 5 tonnes en 1874 à 40 000 tonnes en
1880[1].
Le
chemin de fer a été la deuxième grande cause du déclin des grandes
transhumances. Les lignes ferroviaires se sont allongées, et elles relient à
présent directement le Midwest au Texas. Dès lors, nul besoin pour le troupeau
de parcourir
1000 km
pour rejoindre la gare : c'est à présent le train qui vient à lui. Le
train est aussi un moyen de transport qui amène de nombreux colons qui
envahissent la prairie et ne voient pas d’un très bon œil ces grands déplacements…
On accuse aussi la diffusion de l'élevage ovin de dégrader les sols, à la fin
du XIXe siècle. Le
peintre Frederic Remington qui a abondamment peint les scènes de l'Ouest a bien
résumé cela : selon lui, l'arrivée du fil barbelé et du chemin de fer a tué le cow-boy.
Les
facteurs climatiques et sociaux provoquent également une mutation du métier.
L'hiver 1886-1887 est très rude : le cheptel est décimé (1 000 000
de bêtes périssent[2]), scène immortalisée dans le tableau de Charles
Russel, jeune cow-boy qui en fut témoin, le dernier des 5000. De plus,
en 1882, 1883 et 1884 des grèves de cow-boys ont lieu afin de réclamer de plus
hauts salaires.
Tout
ceci concourt à une baisse de la rentabilité, voire à l'inutilité d'un tel
système. Il lui faut s'adapter : c'est la fin de l'open-range. Les
bêtes sont à présent soignées dans un espace certes toujours immense, mais
à présent délimité. Dans les années 1890, la transhumance tombe en désuétude,
rendant inutiles les cavaliers de la
plaine, en tout cas sous cette forme. Ceux-ci se sédentarisent, et
redeviennent de simples garçons d'écurie réduits à l'entretien du troupeau,
à l'instar des vaqueros, leurs prédécesseurs. Il faut aussi cultiver
la terre pour obtenir du fourrage : le fier cavalier devient paysan. La
piste est finie et la nostalgie commence.

Le 101
Ranch, en Oklahoma
[1] Pierre Lagayette, L’Ouest américain :
réalités et mythes, p. 94
[2] Philippe
Jacquin, Daniel Royot, Go West ! [...], p.160
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