Difficultés de l'apogée

Accueil

L'Agenda

L'Association

Les Cours

Culture/Cuisine

Étiquette

Liens sympas
           et/ou utiles

Magazines/radios

Photos

Vidéos

Contact

 


Pot commun national

 

Les années cinquante et soixante restent l’âge d’or des États-Unis : puissants, riches et respectés, ils dominaient le monde et chacun vivait bien (ou pouvait espérer vivre mieux bientôt) ; capitalisme et démocratie étaient les mamelles de la réussite et de la prospérité. La fin de la Seconde Guerre mondiale inquiète les Américains : il faut passer de la guerre à la paix, à l’extérieur comme à l’intérieur, et la prouesse semble d’autant moins aisée à réaliser que le plus grand président qu’aient connu les États-Unis est mort à la veille de la victoire.

Un ancien chemisier en faillite, qui a graviles échelons de la machine démocrate jusqu’à devenir vice-président des États-Unis, Harry S. Truman, accède à la présidence par le hasard de la mort de Franklin D. Roosevelt. La situation est préoccupante car l’homme a été tenu à l’écart de toute décision : un homme sans qualités détient le pouvoir dans un moment extraordinaire et il s’en tirera fort bien, à la surprise générale. Même l’opinion le réélit contre toute attente en 1948.

Il fautterminer la guerre. En Europe, la reddition allemande (8 mai 1945) suit de quelques semaines la disparition de Franklin D. Roosevelt. En revanche, le Japon résiste. Truman se résout à lancer la bombe atomique sur Hiroshima le 6 août et sur Nagasaki, le 9 août 1945. La décision demeure controversée mais l’objectif est atteint : le 14 août, le Japon accepte l’armistice sans condition. La guerre est finie. Les États-Unis espèrent en empêcher la réapparition par la création d’organisations multilatérales chargées de sauvegarder la paix, notamment en favorisant le développement économique : l’ONU. (Organisation des nations unies, San Francisco, juin 1945) ou le FMI (Fonds monétaire international, Bretton Woods, juillet 1944).

Le retour à la paix achève d’accréditer la normalité de l’interventionnisme fédéral et de la domination présidentielle qui se sont manifestés depuis le New Deal. La présidence se donne les moyens d’action qui ne manqueront pas de lui permettre la tentation impériale : création du Council of Economic Advisers en 1946, de la CIA (Central Intelligence Agency) et du National Security Council en 1947.

1 - La recouversion réussie

La reconversion vers une économie de paix provoque quelques soubresauts : l’inflation et le chômage croissent, le pouvoir d’achat diminue, des grèves massives éclatent (107 millions de journées de grève en 1946) et les agriculteurs semblent porter le coup de grâce au gouvernement démocrate en se refusant à livrer leurs produits sans augmentation des prix. Les effets des difficultés économiques et de l’agitation sociale ne se font pas attendre : les élections législatives de novembre 1946 sont un raz de marée républicain. La loi Taft-Hartley, qui restreint les prérogatives syndicales, est votée en 1947 par la nouvelle majorité conservatrice. L’État réussit à rétablir à la fin de la décennie la situation économique (l’industrialisation massive, réalisée à coup de crédits fédéraux pour l’effort de guerre, va permettre de répondre à la demande civile : équipement ménager et travaux publics relancent la machine) et sociale (G.I. Bill of Rights de 1944, qui permet aux soldats démobilisés d’entreprendre des études universitaires, et augmentation du salaire minimum en 1949). L’économie demeure fragile : c’est une nouvelle guerre, la guerre de Corée (1950-1953) qui établira la prospérité.

L’évolution extérieure n’est pas plus aisée. Malgré son raidissement rapide et croissant, Truman en paye les conséquences intérieures. Politique étrangère et politique intérieure constituent l’enjeu d’attaques sur plusieurs fronts. Sur sa droite, les Républicains l’accusent d’être mou face au communisme international et de laisser des communistes ou leurs amis, à l’intérieur même du gouvernement, déterminer la politique du pays, ce qui n’empêche pas ces conservateurs de rogner les crédits demandés par le gouvernement démocrate pour contenir la menace communiste. À gauche, une alliance hétéroclite (de Henry Wallace, ministre de l’Agriculture, aux communistes en passant par Albert Einstein ou le célèbre journaliste Walter Lippman) lui reproche sa dureté à l’égard de l’URSS et redoute une militarisation croissante des États-Unis.

2 - La double doctrine Truman

Harry Truman va prendre à revers tous ses opposants. Le 12 mars 1947, il propose la doctrine Truman : les États-Unis interviendront économiquement ou militairement lorsqu’ils le jugeront nécessaire afin de préserver leurs intérêts stratégiques ou économiques ; c’est la prise en charge de la doctrine du containment (endiguement). Le plan Marshall (proclamé par le secrétaire d’État George Marshall le 5 juin 1947) se met en place pour aider les États européens à se relever économiquement et à se défendre à l’Est. Au même moment, une sorte de doctrine Truman à usage interne est annoncée: le décret présidentiel du 21 mars 1947 permet de vérifier le loyalisme politique des fonctionnaires. Devant la menace idéologique qu’il redoute pour les États-Unis, Harry Truman a enclenché les mécanismes de la guerre froide et du maccarthysme, dont il sera la première victime et qu’il sera difficile d’arrêter.

Général commandant en chef des troupes alliées sur le théâtre européen, héros de la Seconde Guerre mondiale, président d’université, Dwight Eisenhower, premier président républicain depuis vingt ans, est l’homme tranquille qui rassurera et rassérénera une opinion inquiète. Il sera le président le plus populaire de l’après-guerre.

Les Américains gardent le souvenir que cette période fut heureuse. Mais l’époque est plus vibrante que tranquille et les succès ne sont pas là où on les attend. En politique étrangère, être la plus grande puissance du monde a des coûts que les États-Unis ne sont pas prêts à assumer. En économie, ces trente glorieuses de la croissance et de la prospérité n’empêchent pas ces à-coups brutaux qui caractérisent la situation américaine et dont les effets négatifs sont inégalement répartis. Sur le plan social, les bénéfices de l’expansion sont rarement partagés comme la justice le voudrait. Même lorsque des présidents démocrates comme John F. Kennedy etLyndon B. Johnson inventent une politique redistributive (avec la création en 1965 de programmes publics de couverture santé pour ceux qui en ont le plus besoin : Medicare pour les personnes âgées et Medicaid pour les pauvres), les avantages prévus ont une tendance fâcheuse à ne pas autant servir les destinataires qu’il serait souhaitable, les intermédiaires n’ayant pas oublié de se servir au passage. Les effets pervers sont fréquents : réserver les allocations familiales (Aid to Families with Dependant Children, 1962) aux familles pauvres et monoparentales, c’est pousser les pères à l’abandon et marginaliser les plus défavorisés.

3 - Les droits individuels

Cette période est symbolisée par la Cour Warren (1953-1969) qui va accoucher des droits individuels, jusque-là restés dans l’ensemble théoriques : égalité à l’école, égalité devant la justice, égalité aux urnes, égalité devant la loi deviennent un droit pour tous, Noirs, pauvres, communistes ou simples citoyens d’États moins progressistes et plus répressifs que d’autres. Ainsi, de Brown v. Board of Education of Topeka (1954) sur l’intégration scolaire à Baker v. Carr (1962) qui établit le principe d’une personne, une voix aux élections, de Gideon Wainwright  (1963) qui garantit l’assistance judiciaire à Engel v. Vitale (1962) qui conforte le droit de ne pas pratiquer une religion, de Sweezy v. New Hampshire (1957) qui renforce la liberté d’expression y compris des marxistes à Griswold Connecticut (1965) où la Cour Warren parachève son œuvre par la reconnaissance d’un droit à l’intimité, resté controversé. Toutes choses considérées, Earl Warren (1891-1974) s’avère le plus grand président qu’ait connu la Cour suprême depuis John Marshall (1755-1835) : ce que Marshall a fait en bâtissant un État fédéral puissant esquissé par la Constitution de 1787, Warren l’a complété en construisant des droits individuels pour tous qui n’étaient qu’en germe dans la Déclaration des droits de 1791.

Les conservateurs n’auront de cesse qu’ils ne renversent cette majorité progressiste : ils y mettront vingt ans, de la nomination par Richard Nixon de William Rehnquist (1972) à celle par Ronald Reagan d’Anthony Kennedy (1987). Peu à peu, les avancées de la Cour Warren sont démantelées : en 1989, la Cour suprême a autorisé les États à appliquer la peine capitale aux mineurs (au moment des faits) et aux débiles mentaux, et elle a affirmé en 1990 que les étrangers inculpés par les États-Unis n’avaient pas droit aux mêmes garanties judiciaires que les citoyens américains.

La Cour suprême plus que le président, réussira à réduire le cancer maccarthyste. Dwight Eisenhower ne voudra jamais attaquer de front le sénateur McCarthy (il ne défendra pas son supérieur, le général Marshall, contre les attaques iniques de McCarthy) et préfère temporiser. Ainsi se refusera-t-il à gracier Ethel et Julius Rosenberg qui montent sur la chaise électrique le 19 juin 1953 bien que leur culpabilité n’ait pas été démontrée lors d’un procès bâclé. Mais Joe McCarthy commet une erreur fatale en s’attaquant au loyalisme de l’armée. Celle-ci se rebiffe. Les auditions armée-McCarthy se déroulent au Sénat au printemps de 1954 : le charme est rompu car l’opinion se rend compte de la brutalité et de la cruauté des méthodes du sénateur républicain. Il est censuré par le Sénat en décembre 1954 : c’est la fin du maccarthysme. Ses effets dureront longtemps : la controverse intellectuelle est stérilisée ;  les fonctionnaires, qui devraient pouvoir conseiller en toute liberté, sont paralysés ; l’aventure vietnamienne en est la conséquence.

Les difficultés ne cessent de surgir: être la plus grande puissance du monde ne va pas sans entraîner les États-Unis plus loin qu’ils ne le voudraient, au nom d’un anticommunisme obsessionnel. Qui plus est, ils n’en finissent pas de régler leurs propres problèmes. À peine la guerre de Corée se termine-t-elle (54 000 morts américains et plus d’un demi-million de morts coréens) avec l’armistice de Panmunjom (27 juillet 1953) que commence en fait la guerre du Vietnam : en refusant de signer, avec le Vietnam du Sud, les accords de Genève (juillet 1954), les Américains mettent le doigt dans un engrenage qui leur coûtera cher (50 000 morts américains, 400 000 morts sud-vietnamiens et 900 000 morts vietcongs et nord-vietnamiens). Les États-Unis s’engagent profondément aux côtés du Vietnam du Sud qu’ils ont le sentiment de retrouver la main de Moscou dans tous les conflits régionaux. L’expansionnisme soviétique semble irrésistible, et l’URSS paraîtcapable de conquérir l’espace sans coup férir, laissant les États-Unis loin derrière : alors que les Soviétiques mettent en orbite le premier satellite Spoutnik (octobre 1957), le monde entier sourit à l’échec (novembre 1957) du Pamplemousse américain. C’est une douche froide pour les Américains, qui attribuent leur retard à l’insuffisance de leurs méthodes éducatives.

John Kennedy, jeune, beau et triomphant, fera du retard américain son cheval de bataille électoral. Ayant violemment attaqué Eisenhower pour une politique qu’il accuse d’avoir endormi l’Amérique, laquelle se serait laissé militairement distancer par l’Union soviétique (missile Gap), il est élu de justesse en novembre 1960 contre le vice-président Nixon. Il va accroître les budgets militaires à partir de 1961 et semble capable de dammer le pion aux Soviétiques : il en administre la preuve au monde lors de l’affaire des missiles de Cuba (octobre 1962). Il n’hésite pas à aller jusqu’au bord du gouffre, mais fait reculer Nikita Khrouchtchev, qui retire les missiles entreposés à Cuba.

La capacité de Kennedy à être un homme d’État restera invérifiée et virtuelle : John Kennedy est assassiné, dans des circonstances qui demeureront obscures, à Dallas, le 22 novembre 1963, endeuillant toute une génération qui se sent un peu orpheline.

Succéder au bien-aimé fauché en pleine gloire n’est pas facile. Lyndon B. Johnson, son vice-président, s’y emploie avec des succès mitigés. Il réussit à mettre en route une politique sociale de lutte contre la pauvreté. Il est triomphalement élu en 1964, avec 16 millions de voix d’avance sur son adversaire, le sénateur Barry Goldwater, réactionnaire qu’il fait redouter à une majorité la fin de toute protection sociale et la guerre nucléaire. Mais le président Johnson va trouver sa perte politique au Vietnam : il n’osera pas se représenter à l’élection présidentielle de 1968.

4 - La tragédie vietnamienne

Loin de démontrer leur capacité d’endiguer le communisme triomphant, les Américains vont s’enliser au Vietnam et y abandonner une part de leur aura civilisatrice et de leur invincibilité : n’est-ce pas la première guerre de leur histoire qu’ils vont perdre ?

Einsenhower, en refusant de respecter les termes de Genève (élections avant juin 1956 dans l’ensemble du Vietnam sur la question de la réunification) et en aidant le Sud à former une armée, et Kennedy, en augmentant le nombre des conseillers militaires américains au Vietnam du Sud et en les envoyant au combat (les trois premiers soldats américains trouvent la mort le 2 janvier 1963), ont commencé la deuxième guerre d’Indochine. Lyndon B. Johnson va lui donner son ampleur (il y aura jusqu’à 550 000 soldats américains au Vietnam et les premiers bombardements du Nord commencent en février 1965) et suivra les opérations militaires. Sous prétexte d’une attaque navale du Vietnam du Nord (dont il est démontré qu’elle fut imaginaire), il obtient carte blanche pour intensifier la guerre avec la résolution du Tonkin adoptée le 7 août 1964 à des majorités écrasantes (88 contre 2 au Sénat, 416 contre 0 à la Chambre ). Malgré son opposition croissante, le Congrès ne refusera jamais une ligne de crédit pour la poursuite de la guerre jusqu’au cessez-le-feu de 1973. L’armée fournit des rapports optimistes : l’offensive du Têt (janvier-février 1968) en démontre la vanité et coûte la présidence aux démocrates. Richard Nixon remporte l’élection présidentielle de 1968 contre le vice-président Hubert Humphrey.

Il s’agit de finir la guerre sans perdre la face. Avec l’aide d'Henry Kissinger, Nixon combine les retraits de troupes et l’intensification des bombardements sur le Nord, tout en négociant à Paris. Un cessez-le-feu est signé le 27 janvier 1973. C’est la fin de la guerre américaine  bien que les États-Unis continuent à aider par des bombardements (sur le Cambodge en particulier) leurs alliés sud-vietnamiens, sans réussir à éviter la chute de Saïgon (printemps de 1975). Jamais le gouvernement du Vietnam réunifié ne touchera un sou pour les destructions massives infligées au pays.

Lorsque, la tragédie est abordée, ce n’est que par ses effets délétères sur les combattants américains (Né un 4 juillet) ou sur une société (Voyage au bout de l’enfer) que la sale guerre a divisée. Les succès remportés (voyage spectaculaire dans cette Chine rouge que Richard Nixon avait toujours refusé de reconnaître, en février 1972 ; accord de désarmement nucléaire, SALT, signé en mai 1972 lors d’un voyage à Moscou) ne calment pas ces tensions qu’exacerbent les questions intérieures. Les États-Unis sont malades de leur problème racial : de 1964 à 1968, les ghettos éclatent en émeutes les uns après les autres. L’égalité de jure à peu près acquise entre 1954 (arrêt Brown) et 1964 (vote de la loi sur les droits civiques), ne se traduit pas dans les faits où persistent ségrégation et inégalités, exaspérant une communauté qui sera (dans les années 1980) ravagée par la drogue et le sida.

Les Américains commencent à s’inquiéter  de ce qu’ils craignent être un irrémédiable déclin économique : ils se rendent compte qu’eux non plus ne peuvent payer les canons et le beurre, et qu’ils sont atteints de stagflation. La situation est telle que Richard Nixon décide de tuer un mythe coûteux: le 15 août 1971, il supprime la convertibilité-or du dollar.

5 - Du Watergate à l'Irangate

Le scandale du Watergate va ébranler la présidence impériale aux yeux des Américains. Le 18 juin 1972, en pleine campagne électorale, les bureaux du Parti démocrate à Washington sont cambriolés. Les responsabilités républicaines sont établies mais on préfère nier. La tactique est payante : le président Nixon est réélu contre le démocrate George McGovern. Peu à peu, sous les coups de boutoir de la justice et du Sénat (la presse n’ayant  joué qu’un rôle mineur), l’obstruction présidentielle cède. Lorsque la Cour suprême exige que soient rendus publics ses entretiens privés, le président Nixon comprend que l’ampleur de ses malversations va être révélée et préfère devenir le premier président des États-Unis à démissionner (9 août 1974).

On eût pu croire que la leçon serait comprise de ses successeurs. Pourtant à l’automne de 1986, le président Reagan est pris en flagrant délit de non-respect des règles démocratiques (Irangate). N’acceptant pas de s’incliner devant le refus explicite du Congrès de ne pas aider militairement la Contra nicaraguayenne, Ronald Reagan tente d’imposer secrètement et illégalement sa politique antisandiniste. Populaire, le président Reagan réussira à ne pas être convaincu de mensonge lorsqu’il affirme n’avoir personnellement rien su ni rien voulu. Il n’empêche que ses adjoints les plus proches ont une vision peu constitutionnelle des relations entre l’exécutif et le législatif. Bien que le Congrès, dans la foulée des fiascos du Vietnam et du Watergate, ait réaffirmé ses prérogatives en matière de politique étrangère (loi sur les pouvoirs de guerre de 1973) et de finances (loi sur la procédure budgétaire de 1974), les effets en sont limités.

Les présidences de Gerald Ford et de Jimmy Carter ne seront que des intermèdes, le premier parce qu’il ne lui sera pas pardonné d’avoir gracié Richard Nixon et le second parce qu’il ne lui sera pas pardonné de vouloir une Amérique modeste : ses hésitations permanentes et la crise des otages de l’ambassade de Téhéran (pris en otages le 4 novembre 1979, ils ne seront libérés, dernier coup de pied de l’âne khomeyniste, que le jour de l’entrée en fonctions de Ronald Reagan, le 20 janvier 1981) lui coûteront popularité et réélection.

Ronald Reagan, charmeur, communicateur de talent, politicien consommé, remporte les élections de 1980 et de 1984. Idéologue mais ayant un sens aigu des rapports de forces, il préside au déclin accru des États-Unis, même si une majorité de ses compatriotes, auprès desquels il est populaire, estiment qu’il a permis la renaissance des États-Unis. Si une expansion (après une récession en 1981 et 1982) reprend en décembre 1982, son coût est prohibitif ; c’est une reprise vicieuse qui laisse les États-Unis exsangues : la dette fédérale a triplé entre 1980 et 1988, les entreprises sont couvertes de dettes pour avoir non pas investi mais spéculé, et les ménages, dans la même situation, ont contribué au grave déficit de la balance commerciale ; pays créditeur depuis 1913, les États-Unis sont le pays le plus endetté du monde (500 milliards de dollars à la fin de 1988), et une part croissante de leurs avoirs a été rachetée par des capitaux étrangers. Les problèmes qui apparaissent juste après la guerre du Vietnam n’ont cessé de s’aggraver: l’infrastructure (routes, ponts, transports), le système éducatif, l’entreprise industrielle et le logement se dégradent ; la drogue pervertit une portion croissante de la société.

Élu en 1988, le républicain George Bush tire parti de l’effondrement de l’Union soviétique pour se concentrer sur les affaires internationales : les États-Unis jouent le premier rôle dans la guerre du Golfe (janvier-février 1991). Sur le plan intérieur, le rêve reaganien du retrait de l’État se révèle un mirage. Les difficultés économiques et un malaise social persistant assurent la victoire du démocrate Bill Clinton aux élections de 1992.

  Source : Encyclopédie Universalis