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Le continent nord-américain entre
assez tard dans l’histoire, par rapport à l’Amérique centrale et méridionale.
Les grandes découvertes ont
pratiquement ignoré les immenses espaces situés au nord du golfe du Mexique,
reconnu par Hernán Cortés au cours de son voyage de 1519.
Les premiers explorateurs furent des Espagnols qui découvrirent
la Floride
et le Nouveau Mexique. En 1513, Ponce
de León croisa le long des côtes de Floride, sans s’avancer à l’intérieur
du pays. En 1528, Narváez explora la partie septentrionale du golfe du Mexique,
de
la Floride
jusqu’au Texas. À la recherche d’or, Hernando de Soto traversa le sud-est
du continent, allant de l’actuel État de Géorgie vers l’Ouest, jusqu’au
Mississippi. Partant du Mexique, Vázquez de Coronado parcourut les actuels États
d’Arizona, du Nouveau-Mexique et du Texas, pour constater que ces territoires,
dépourvus d’or, intéressaient peu les Espagnols.
Ces premières explorations aboutirent
à une déception, qui explique l’établissement tardif des Espagnols dans ces
régions. Le premier poste permanent fut fondé à Saint Augustine, en Floride,
en 1565, point de départ de missions établies le long des côtes. Vers
l’ouest, la pénétration espagnole gagna le Nouveau-Mexique et
l’Arizona, où des missions et encomiendas étaient établies dès la
fin du XVIe siècle, puis le Texas, partiellement occupé au XVIIe,
enfin
la Californie
où, parties du sud, les missions remontèrent jusqu’à Sonora à la fin du
XVIIIe siècle.
La France
et l’Angleterre s’intéressèrent à l’Amérique du Nord dès la fin du
XVe siècle, mais, découragées par les résultats, cessèrent toute
tentative. Les voyages de Cabot et de Verrazano permirent d’explorer les côtes,
du Saint-Laurent à
la Caroline
du Nord, ceux de Jacques Cartier amenèrent la découverte de ce qui allait
devenir le Canada. Pour les contemporains, avides de métaux précieux, ces régions
ne présentaient aucun intérêt.
Cependant, la présence au large de ces côtes de bancs poissonneux
attira, dès le début du XVIIe siècle, un nombre croissant de pêcheurs,
Français au nord, Hollandais au centre, de part et d’autre de l’embouchure
de l’Hudson, Suédois au sud, dans ce qui allait devenir le Delaware et
la Pennsylvanie. Des
contacts s’établirent avec les Indiens, Hurons et Penobscots au nord,
Algonquins au centre, Delawares au sud. En 1609, Henry Hudson, Anglais au
service de
la Compagnie
hollandaise des Indes orientales, fonda à l’extrémité de la presqu’île
de Manhattan, sur un emplacement reconnu par Verrazano, le poste de
Nouvelle-Amsterdam. Des colons hollandais vinrent s’y établir après que le
gouverneur Peter Minuit eut acheté l’île pour 24 dollars aux Algonquins en
1624. La fondation de Québec date de 1608, et les premiers établissements suédois
de 1638. Des échanges s’instaurèrent avec les populations locales qui
demandaient objets et instruments en métal, armes et eau-de-vie, en échange de
fourrures, très prisées en Europe.
L’essor de la colonisation coïncide avec l’entrée en scène d’un
concurrent nouveau, l’Angleterre, à la fin du XVIe siècle.
Dans la lutte contre l’Espagne, l’Amérique du Nord, dont l’importance
avait été reconnue par Humphrey Gilbert, constituait une position de premier
ordre. Ainsi s’expliquent les missions confiées à Walter Raleigh en 1585 et
1587, le débarquement de colons dans l’île de Roanoke et leur mystérieuse
disparition, sans doute sous les coups des Indiens. Le XVIe siècle
se terminait sans que les Anglais eussent réussi à s’installer sur le
continent, mais ils allaient prendre leur revanche peu de temps après. En 1607,
un groupe de marchands, muni d’une charte au profit de
la Virginia Company
of London, débarqua dans l’estuaire de
la James River
et y fonda la ville de Jamestown. Ce fut le début de la colonie de Virginie.
En 1620, un groupe de puritains, embarqués sur
la Mayflower
, aboutit au Cap Cod et établit la première colonie de Nouvelle-Angleterre.
Partie dernière dans la course coloniale, l’Angleterre rattrapa son retard.
Profitant des conflits internationaux, elle élimina les Suédois, les
Hollandais (New Amsterdam tomba entre ses mains en 1674) et les Français, dont
les possessions furent rognées au XVIIIe siècle. Dans le même
temps, des émigrants débarquaient et peuplaient la plaine côtière :
puritains chassés par la réaction anglicane, anglicans et catholiques chassés
par la réaction puritaine, huguenots expulsés après la révocation de l’édit
de Nantes, Hollandais victimes des crises politiques des Pays-Bas. Sous la
diversité de ces apports successifs et la multiplicité des sectes religieuses
existait un lien : la résistance à l’oppression sous toutes ses formes. Tous
avaient fui l’Europe en raison de leurs convictions religieuses ou politiques,
pour défendre la liberté. De là, le caractère nouveau des colonies créées
sur les
3 000 km
de côtes séparant
la Floride
de
la Nouvelle-France
.
Source : Encyclopédie Universalis
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